Le prunier de l’aube
lance ses mauves
aux passagers du désir
La saison est venue en barque
avec sa harpe
qui fera d’elle une rivière
Le vent
dans ses chariots
transporte les pétales
d’un fascinant refrain
Nos souffles
mariés à la hâte
sur l’embarcadère du silence
Mais l’île convoitée risque de lever l’ancre
Pourquoi allumons-nous parfois le feu
avec le petit bois de nos doigts
Fiévreux
le pays de nos bouches
quand les doutes labourent le trop peu
Moissonner les champs
dont le blond taille nos choix
Sculpter dans le tilleul
nos longues insomnies tigrées
La patience
dans la cuisine
grille son pain
L’insouciance a laissé un livre ouvert
à la page de l’enfance perlière
Dans l’église des blés
les étourneaux épousent le très fugace
Cerise du présent sur la langue
Serait-ce l’intense
qui soudain
sculpte le noyau